Monarchie Britannique
Buckingham Palace - par Marine Guillot

Paris, sur les pas des rois d'Angleterre

Paris, capitale aux mille et un joyaux, s’impose comme l’une des plus belles villes de la planète. Le monde entier admire avec passion cette cité millénaire. Les monarques britanniques ne font pas exception. Depuis la reine Victoria, les souverains du royaume d’outre-Manche ont tous posé, un jour ou l’autre, les pieds sur le sol parisien. Le nombre des monuments visités par les rois et reines d’Angleterre est tel qu’il est facile de marcher sur leurs pas royaux. L’amour britannique pour la capitale française est réel, à tel point que la République leur en a dédié certains lieux. Qu’ils soient au nom d’Edward VII, ou traversés par Victoria ou Elizabeth II, je vous invite à découvrir ces monuments parisiens aux accents britanniques.

 

Victoria, la découverte royale

2368a92912833d5c10ac8259811a8fd4Nous sommes en août 1855 lorsque Victoria et Albert arrivent à Paris. Invités de marque de l’empereur Napoléon III et de son épouse Eugénie, la reine et le prince-consort continuent à resserrer les liens existants entre le Royaume-Uni et la France. Cette reine francophile et cet empereur anglophile son faits pour s’entendre. En chacun d’eux ressort une farouche volonté de se rapprocher. Trois mois plus tôt, le souverain français s’était rendu à Windsor rencontrer cette petite femme qui règne sur un si grand royaume. Ravie de ce voyage de dix jours, Napoléon III n’a pas résisté à renouveler l’invitation. C’est ainsi que Victoria et Albert acceptent de se rendre en sol français. Mais pour construire cette entente qui se voudra cordiale, Napoléon III met les petits plats dans les grands. Chouchoutée par le chef de la Maison Bonaparte, Victoria est aux anges.

Le séjour royal débute par la découverte de l’Exposition Universelle puis se poursuit par une réception à l’hôtel de ville de Paris. Mais les festivités ne s’arrêtent pas là. Napoléon III organise des visites du musée du Louvre et du château de Versailles. Au château, pièce de théâtre et bal sous les ors de la Galerie des glaces apportent cette touche de somptuosité qui marque les esprits. Finalement, cette soirée majestueuse s’achève par un feu d’artifices qui couronne le bassin d’Apollon. Mais Victoria ne pouvait partir de la capitale sans un hommage à cet ancien ennemi qu’était Napoléon Ier, et qui ne cesse de la fasciner. Aux côtés de son fils aîné Edward, elle s’agenouille devant le tombeau de l’empereur défunt sous l’imposante coupole dorée des Invalides. Ainsi s’achève cette visite d’Etat de trois jours dont Paris en porte encore le souvenir.

 

Dirty Bertie, le roi de Paris

A61be57beef1d80ada413a9038a6d679Ce séjour parisien marque à jamais le jeune Edward. Le Prince de Galles tombe véritablement amoureux de la ville des Lumières. Il ne cesse de traverser la Manche pour profiter des plaisirs parisiens. Il ne manque pas à se constituer une réputation peu en phase avec les mœurs de l’époque. Dans une France désormais républicaine, le « roi de Paris » fréquente assidûment les cabarets, l’opéra Garnier, et autres bordels bourgeois. Au Chabanais, le plus secret d’entre eux, le prince est un client fidèle. Pour l’anecdote, il ose même commander un siège spécial de style Louis XVI pour s’adonner à ses ébats réguliers dans un confort de satin. Edward n’est pas à l’aise dans les rues de Londres la puritaine. Il préfère de loin Paris la libertine. « Dirty Bertie » manque de discrétion, ce qui ne manque pas d’agacer ses parents.

En 1903, devenu Edward VII du Royaume-Uni, il propose de rencontrer le président Emile Loubet dans un contexte particulier. Les rivalités coloniales augmentent entre les deux nations. Paris et Londres veulent l’Egypte et le Maroc. De plus, l’Angleterre affronte des Sud-Africains d’origine néerlandaise qui se sont révoltés en 1899 contre son pouvoir, c’est la guerre des Boers. La France soutient les révoltés pour affaiblir son rival. Dans cette guerre, Edward VII a pris conscience de la faiblesse militaire britannique. Il lui faut un allié. C’est donc vers la France qu’il se tourne malgré la « trahison » de la guerre des Boers. Arrivé à Paris en mars 1903, le roi est hué par un peuple en qui cette guerre qui s’achève en 1902 reste un souvenir amer. Il assiste à une représentation théâtrale à la Comédie-Française malgré l’ambiance tendue qui l’entoure. A l’entracte, il se réfugie dans le foyer des artistes et discute avec les hôtes présents. Ses manières simples, bourgeoises et courtoises plaisent à l’assistance et finit par séduire les Français. Le lendemain il se rend à l’Opéra. Pas un applaudissement, pas un sifflet n’accueille le roi. A l’entracte, il recommence l’opération de séduction de la Comédie-Française. Les Français sont sous le charme. L’opération de charme du roi fonctionne et il négocie le partage des colonies avec la France : le Maroc à la République, l’Egypte au royaume britannique. La diplomatie d’Edward VII se révèle et il signe en 1904 avec la France l’Entente cordiale.

Pour cet acte, Paris rend hommage à son roi amoureux. Un quartier entier lui est dédié. La place, le théâtre, l’hôtel Edouard VII font désormais partis du paysage parisien. Situés près du palais Garnier, qui connut les grandes heures de la diplomatie edwardienne, ils restent peu connus et pourtant leur beauté n’est pas à déconsidérer. Au cœur de ces lieux, une statue équestre du monarque trône fièrement.

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George V, une visite au service de l’Entente

Db501c8795ceebed29d81c01ce162054Le 21 avril 1914, dans une Europe sous tension, l’Entente cordiale est primordiale, d’autant qu’elle fête son dixième anniversaire. Face au conflit qui semble se dévoiler peu à peu, George V, roi du Royaume-Uni depuis quatre ans seulement, arrive en France. Il répond à l’invitation de Raymond Poincaré qui avait visité Londres six mois plus tôt. Paris se met aux couleurs de l’Union Jack pour accueillir George V et Mary. Le président Poincaré rend hommage à ce roi digne et conscient de l’importance de cette alliance dans un dîner d’Etat donné dans la salle des fêtes du palais de l’Elysée. George V vient renforcer l’œuvre de son père décédé en 1910. La ferveur populaire au passage du cortège sur les Champs-Elysées contraste avec l’accueil réservé à Edward VII. Courte mais décisive, cette visite n’aura pas permis à George V de visiter bien des monuments parisiens.

Mais Paris est reconnaissante envers cet allié combattif durant les heures sombres de la Première Guerre Mondiale. George V voit son nom apposé à une avenue qui contient un palace éponyme. Le café George-V des Champs Elysée vient terminer cet hommage au monarque d’une nation désormais amie, au temps des conflits.

 

Edward VIII, le duc mondain de Paris

874033bcad8bafcd6b6299f8eea58f9eQuand décède George V le 20 janvier 1936, son fils devient Edward VIII. Mais Edward est amoureux d’une Américaine doublement divorcée, Wallis Simpson. La société et le gouvernement britannique ne peuvent concevoir qu’une telle femme devienne leur reine. Forcé par la famille royale et le gouvernement, Edward VIII abdique en décembre de la même année. D’abord nommé gouverneur général des Bahamas, il est rappelé par la Grande-Bretagne à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Commence alors une vie mondaine au cœur du Paris bourgeois des années 1950.

Le duc et la duchesse de Windsor prennent possession d’un hôtel particulier, près du bois de Boulogne, offert par la ville, et qui prendra leur nom. Entre ces murs, les soirées mondaines s’accumulent. Edward se dévoile comme un homme aimant la mode, les bijoux et les plaisirs de la haute société. A Paris, le couple à ses habitudes. Le duc aime déguster un verre de whisky sur un fauteuil du bar anglais de l’hôtel Raphael, dîner au Maxim’s, et admirer les plus beaux opéras du palais Garnier. L’influence des Windsor est immense. Par eux, des marques comme Givenchy et Cartier (dont la célèbre panthère est créée spécialement pour Wallis) développent leur réputation de marques de luxe. A défaut d’avoir un trône, à Paris, ils ont de l’influence. Autant de lieux qui permettent de marcher sur les pas des Windsor.

 

George VI et Elizabeth, une visite avant l’heure de la guerre

En juillet 1938, les jeunes souverains britanniques que sont George VI et Elizabeth répondent à l’invitation du président Lebrun. Le chef d’Etat français organise un dîner d’Etat à l’hôtel de ville de la capitale au palais Garnier, une garden party au jardin de Bagatelle (dans le bois de Boulogne), et des représentations à. Les parades dans les rues bondées de Paris viennent pimenter la visite. Sur le quai d’Orsay, sur les Champs-Elysées, la popularité du couple éblouit le président Lebrun. Durant toute la durée de sa visite, la reine se montre toute de blanc vêtue. La raison ? Sa mère est décédée un mois plus tôt. Le protocole impose de porter le deuil. Mais la très chique Elizabeth ne peut se rendre vêtue de noir en France. Le deuil permet de porter du blanc à quelques occasions. C’est décidé se sera le blanc. Les robes d’une extrême beauté de la reine permettent de marquer vivement les esprits français, la veille du déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale.

                                                                                                  Invites par albert lebrun en 1938 le roi george vi et la reine elisabeth ont profite du jardin de bagatelle

Elizabeth II, la reine de Paris

Pho1e6a527a ecce 11e3 a80c e9bdb7c08dde 805x453Mais si Paris doit avoir un souverain, c’est bien Elizabeth II. A 92 ans, la reine s’y est rendue à six reprises. D’abord en 1947, alors qu’elle n’est que princesse héritière, puis en 1957, 1972, 1984, 2004, et enfin en 2014. La reine est amoureuse de la France. Son nombre de visites officielles le démontre. De nombreux monuments parisiens comptent les visites elizabethaines dans leur histoire. Parmi eux, l’incontournable palais Garnier, le musée du Louvre, les Champs-Elysées et sa flamme du Soldat Inconnu, le palais présidentiel, accueillent une invitée royale.

En reconnaissance de cette souveraine qui a définitivement marqué son époque et a montré un véritable engoument pour Paris, la ville offre à la reine un marché aux fleurs à son nom. Seul lieu parisien portant son nom, les hommages sont surtout rendus lors de ses visites. Mais s’il est un lieu où la souveraine est réellement représentée, c’est bien l’ambassade britannique. Voisine du palais de l’Elysée, elle peut être visitée uniquement lors des journées européennes du patrimoine. En ces lieux, l’histoire britannique est retranscrit par ses richesses, comme un trône ayant appartenu à la reine Victoria. 

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Diana, la flamme du souvenir

C’est en cette ville que la princesse de Galles a perdu la vie. Ce souvenir tragique marque encore les murs de la cité. Partie du Ritz, situé place Vendôme, Diana monte à bord d’une voiture qui fonce à toute allure pour fuir les paparazzis. Mais la voiture s’encastre dans le septième pilier du tunnel de l’Alma. Dès lors, la flamme de la liberté qui le surmonte est devenue le symbole du souvenir de cette princesse des cœurs. Chaque anniversaire de sa mort est marqué par un engouement populaire autour de cette flamme. Fleurs, photographies, messages, sont quotidiennement déposés à l’intention de la princesse défunte, tel un pèlerinage.

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Charles, Camilla, William et Kate, des princes à Paris

En tant que représentants de la Couronne, Charles et Camilla, mais aussi William et Kate ont également eu droit à leurs visites parisiennes. Le prince de Galles et la duchesse de Cornouailles eurent droit à leur visite du Louvre, mais également à leur dîner d’Etat au palais présidentiel. Le Prince Charles est également promu au grade de commandeur de l'Ordre du Mérite agricole le 16 mars 2017 sous la coupole de l’Institut de France notamment pour son « rôle de pionnier de la promotion de l’agro-écologie, et pour son grand intérêt porté sur la question des sols pour la sécurité alimentaire et le climat ».

Quant à William et Kate, leur dernière visite parisienne en 2017 leur a permis de visiter les musées d’Orsay et des Tuileries, de poser devant la Tour Eiffel, d’avoir une entrevue à l’Elysée avec le président François Hollande, et de dîner à l’ambassade britannique.

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En somme, le passage des souverains britanniques dans certains lieux de la capitale nous permet de tracer un parcours touristique parisien « sur les pas des rois d’Angleterre ». Par leur nom ou leur présence, la cité française reste marquée par ces monarques et princes britanniques. L’histoire britannique est également représentée dans les plus grands musées que compte Paris. Pour finaliser votre visite, je vous propose une liste de librairies spécialisées sur les ouvrages anglophones, des restaurants proposant des plats typiquement britanniques, ainsi que des hôtels à l’univers so british.

 

L’histoire britannique à Paris

Une statue de Winston Churchill sur l’Avenue qui porte son nom.

Le musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie, qui compte quelques objets de valeurs concernant l’ordre de la Jarretière.

Le musée d’Orsay qui rassemble également des objets liés à l’histoire britannique comme une représentation de la tête de Charles Ier.

Le musée du Louvre qui possède des œuvres liées à l’histoire de cette monarchie comme un tableau représentant Charles Ier ou encore une représentation de la mort d’Elizabeth Ire.

 

Visite à l’anglaise de Paris

Librairies :

  • Galignani 224 rue de Rivoli 75001
  • WH Smith 248 rue de Rivoli 75001
  • Shakespeare and Co 37 rue de la Bûcherie 75005

Restaurants proposant des menus britanniques :

  • Johana’s Fish and Chips, 30 rue Saint Sauveur 75002 Paris : prix très accessibles, cuisine britannique spécialisé dans le fish and chips avec poissons frais et bières britanniques, service de livraison (184 sur 15 327)
  • T’Cup, 16 rue des Minimes 75003 Paris : prix abordables, surtout réputé pour ses brunch typiquement britanniques (643 sur 15 327 restaurants parisiens sur Trip advisor)
  • Rosemary, 4 rue Crillon 75004 Paris : prix abordables, ambiance brasserie-bistro, endroit charmant à la cuisine typiquement britannique simple et de qualité (770 sur 15 327)

Hôtels :

  • Regina Louvre (palace) : 2 place des Pyramides 75001 Paris, contient un bar anglais et construit pour l’exposition universelle de 1900
  • Raphael 17 avenue Kléber 75116 Paris : contient un bar Anglais richement décoré qui était fréquenté par Gainsbourg et aujourd’hui par BHL
  • Edouard VII 39 avenue de l’Opéra

 

                                                                               Paris royal

 

K. GUILLOT

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